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A Paris, à vélo… on renverse les piétons ?

a paris, à vélo… on renverse les piétons ?

Le Jamais Content – Dans sa chronique, notre râleur en chef s’étonne du non-respect des règles élémentaires du code de la route par de nombreux cyclistes en milieu urbain.

Paris est une jungle, avec une nouvelle espèce invasive : le cycliste. Il m’a suffi de quelques passages dans la capitale ces dernières semaines pour me rendre compte de la menace.

C’est plutôt une bonne chose de voir de plus en plus de vélos dans les grandes villes, si c’est autant de voitures en moins dans ces zones saturées et polluées. Car ce n’est pas la chronique d’un bagnolard qui s’en prend aux cyclistes. J’étais dans Paris à pied et le vélo m’est apparu comme un nouveau danger.

S’il n’est pas question de faire de mes exemples une généralité, j’ai tout de même trouvé que la proportion des cyclistes qui ont un respect approximatif des règles de priorité et des feux rouges est inquiétante. Si on avait la même avec les autos, ce sera un sacré carnage.

Bien sûr, face aux conducteurs peu prudents protégés par leur carrosserie, les cyclistes risquent gros. Mais le fragile bipède que je suis a eu quelques frayeurs sur des passages cloutés face à des cyclistes lancés à vive allure, dont certains semblent penser que la piste tracée pour eux leur donne tous les droits en matière de priorités et d’allure.

Ce constat ne se limite évidemment pas à Paris. Dans ma petite ville de province, il n’y a pas une semaine sans qu’un vélo ne me frôle sur le trottoir, alors qu’il est interdit pour eux de les utiliser et qu’une bande cyclable est tracée sur la chaussée à côté. Cette semaine encore, j’ai vu un homme et un jeune enfant remonter ma rue en sens interdit, puis tourner pour remonter un autre sens-interdit (aucun panneau ne l’autorisait, c’est maintenant une possibilité). Quel bon enseignement du code de la route à la jeunesse…

Je n’ai pas pensé à faire une photo de la scène pour illustrer ce sujet. Elle m’aurait aussi peut-être permis d’ouvrir un compte X pour montrer les mauvais comportements des cyclistes. L’inverse est une nouvelle mode, avec de nombreux pédaleurs transformés en délateurs numériques à l’aide d’une caméra sur leur casque pour montrer les écarts de conduite des autres. Sauf de ceux des cyclistes, ou quasiment pas.

Mais cela ne rate jamais, on trouve rapidement dans les commentaires les automobilistes grincheux venir dire « oui mais, les cyclistes sont tout aussi dangereux ». Ce à quoi les cyclistes contre-argumentent avec un autre « oui, mais ». Difficile de reconnaître les nombreux écarts de ses congénères. J’ai grillé un feux avec mon vélo ? Oui mais cet automobiliste l’a fait. J’ai failli renverser une poussette ? Oui mais ce camion poubelle m’a coupé la route juste avant. “Gna, gna, gna, c’est lui qui a commencé”. Et hop, sur X, “Vélotaf75 vous a bloqué”, fin de l’argumentation pour ce dernier.

J’imagine que cette chronique va d’ailleurs se retrouver sur la vélosphère, qui ne se privera pas de dire tout le bien qu’elle en pense, surtout si elle s’arrête au titre provocateur (il faut bien appâter le chaland). J’aurais peut-être dû dire du départ qu’en plus d’être un piéton et un automobiliste, je suis aussi un cycliste.

Suis-je parfait sur mon vélo ? Non, je l’avoue bien volontiers. Il peut toujours m’arriver de faire des erreurs. Je peux mal comprendre un carrefour et donc ne pas être bien placé, mal jauger un temps pour m’élancer dans un giratoire… Mais lorsque je passe derrière le guidon, je fais quand même quelque chose de tout bête : je respecte les règles élémentaires du Code de la route. Un feu rouge, il est rouge. Une priorité, c’est une priorité. Un trottoir, c’est interdit, les écouteurs dans les oreilles aussi… Au volant, c’est la même chose, avec là aussi l’impossibilité d’être parfait. Par exemple, il m’est arrivé d’empiéter sur un sas vélo en anticipant mal mon arrêt. Séquence auto (et vélo) flagellation.

Mais cet usage de différents modes de transport est selon moi un atout pour la sécurité routière, car je sais me mettre à la place de l’autre lorsque je passe de deux à quatre roues, j’agis en conséquence. Je fais partie des deux camps et, contrairement à l’impression que pouvait donner cette chronique, je n’ai donc pas l’intention de monter l’un contre l’autre. Juste d’inciter les uns et les autres à tout simplement suivre les règles. Et vous verrez, cela ira mieux pour tous.

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