Finance

Cinq conseils pour acheter sa voiture d'occasion sans se faire avoir

57% des Français ont peur de se faire arnaquer lorsqu’ils achètent un véhicule d’occasion. En cas de vice caché, une voiture au prix de départ attractif peut se révéler être un véritable gouffre financier. Comment éviter de se faire avoir? Suivez le guide.

La voiture est le deuxième poste budgétaire pour les Français, après le logement. Un Français sur trois a déjà été confronté à un problème après l’achat d’un véhicule d’occasion, selon une étude Odopass de 2022.

cinq conseils pour acheter sa voiture d'occasion sans se faire avoir

Plus de 15 000 véhicules d’occasion à boîte automatique

Résultat, au moment de se lancer, le premier frein pour 57% des consommateurs est la crainte de se faire arnaquer, selon un sondage réalisé par CarVertical en 2024.

RMC Conso vous donne cinq conseils pour éviter de vous faire avoir lorsque vous achetez un véhicule d’occasion.

1- Pas de paiement avant d’avoir vu la voiture

Il y va du bon sens, mais ne versez jamais un euro sans avoir vu et essayé le véhicule. Un vendeur pressant, qui vous demande de régler un acompte à distance, en vous faisant croire que vous allez passer à côté d’une bonne affaire si vous ne payez pas immédiatement, doit susciter la méfiance.

Certains escrocs créent ainsi des sites internet de toutes pièces avec de fausses annonces, dans l’espoir que vous versiez de l’argent pour une voiture qui n’existe pas. Et même si vous avez affaire à un vrai vendeur, il est préférable d’essayer la voiture et de l’inspecter sous toutes les coutures avant de vous engager.

Si vous signez un bon de commande à distance, gardez en tête que, comme pour toute vente à distance, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours à compter de la signature du bon.

L’idéal reste de se rendre directement sur place, chez un vendeur dans un périmètre maximum de 100 kilomètres autour de votre lieu d’habitation. Car en cas de pépin ultérieur, le vendeur reste votre premier interlocuteur: c’est à lui de se charger de la réparation d’une panne qui interviendrait après l’achat. S’il se trouve à plusieurs centaines de kilomètres de chez vous, il peut exiger que vous fassiez le trajet pour ramener la voiture.

2- Passer par un professionnel pour plus de garanties

En achetant un véhicule d’occasion à un particulier, vous ne bénéficiez de quasiment aucune garantie. Si vous découvez un vice caché après l’achat, la responsabilité du vendeur ne pourra être recherchée que si vous arrivez à prouver qu’il avait connaissance de ce défaut avant la vente et l’a dissimulé volontairement. Des preuves difficiles à récolter…

Si vous achetez une voiture à un professionnel de l’automobile, des garanties prévues par la loi sont là pour vous protéger. En cas de défaillance du véhicule, la garantie légale de conformité vous permet de vous retourner contre le vendeur dans un délai de deux ans après l’achat.

Si vous êtes dans l’année qui suit l’achat de l’automobile, vous n’avez même pas besoin de prouver l’existence préalable du défaut: une présomption de prééexistence de l’anomalie prévaut.

Cette garantie légale est à différencier de la garantie commerciale parfois proposée par les professionnels pour une durée de trois à six mois. L’absence ou l’existence de cette garantie commerciale ne vous prive pas de la garantie légale de conformité.

Vous bénéficiez également d’une garantie contre les vices cachés, à mettre en oeuvre dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice, pour les défauts graves, rendant le véhicule impropre à l’usage. Elle est plus difficile à mettre en oeuvre car c’est à l’acheteur d’apporter la preuve du vice caché, souvent via une expertise coûteuse.

3- Éviter trop d’intermédiaires

Il existe un entre-deux: le dépôt-vente, ou le mandataire automobile. Dans ce cas, vous achetez à un particulier, par l’intermédiaire d’un professionnel. Mais attention, les garanties ne sont pas les mêmes qu’avec un vendeur professionnel: dans un arrêt du 11 mars 2020, la Cour de cassation a rappelé que le dépôt-vente n’étant pas propriétaire du véhicule qu’il propose à la vente, il n’est pas responsable de ses vices et défauts.

Pour savoir si vous avez affaire à un intermédiaire ou à un vendeur professionnel, il suffit de consulter votre bon de commande: ce rôle d’intermédiation doit être clairement spécifié.

Certains professionnels peu scrupuleux tentent de dissimuler cette information aux acheteurs. Il vous faudra donc toujours être attentif au certificat de cession. C’est le document qui permet de faire le transfert de propriété auprès des services administratifs. Le nom qui figure dans la case “ancien propriétaire” est votre interlocuteur.

S’il s’agit d’une entreprise automobile, vous bénéficiez des garanties. S’il s’agit du nom d’un particulier, vous n’en bénéficiez pas, quand bien même vous seriez passé par un intermédiaire professionnel.

4- Vérifier les documents obligatoires

Ne repartez jamais sans ces quatre documents indispensables: un contrôle technique de moins de six mois si la voiture a quatre ans ou plus, un certificat de cession, une carte grise barrée, avec l’inscription de la date et l’heure de la vente, et un certificat de situation administrative.

Ce dernier est souvent oublié et pourtant primordial: il vous garantit que le véhicule est libre de toute opposition administrative et que vous pourrez donc l’immatriculer à votre nom. Si, par exemple, le vendeur n’est pas à jour de ses paiements de contraventions, l’administration peut avoir bloqué la carte grise, prélude à une véritable galère administrative.

5- Vérifier l’historique du véhicule

Plus de la moitié des Français sont inquiets à l’idée d’acheter une voiture dont ils ignorent le passif. Peu de gens savent qu’il est en fait possible de connaître l’historique d’un véhicule, même gratuitement.

Le site public Histovec permet depuis 2019 d’accéder à de précieuses informations. Il suffit de renseigner quelques données présentes sur la carte grise, pour obtenir un véritable scanner du véhicule concerné: date de mise en circulation, nombre de propriétaires succesifs depuis la première immatriculation, kilométrages renseignés lors des contrôles techniques réalisés ou encore immobilisation éventuelle du véhicule en cas d’accident grave…

Des sites privés, comme Car Vertical, Autorigin ou Odopass existent également. Payants, ils ne présentent un intérêt que pour avoir des informations complémentaires non fournies par Histovec, comme par exemple l’historique d’un véhicule mis en circulation hors de France, dans un pays européen.

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