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Sanctions de l'UE sur les voitures électriques chinoises : pourquoi ces constructeurs européens n'en veulent pas

sanctions de l'ue sur les voitures électriques chinoises : pourquoi ces constructeurs européens n'en veulent pas

Oliver Zipse, CEO du groupe BMW

Oliver Zipse, CEO du groupe BMW, à côté du concept Vision Neue Klasse lors du salon de l’automobile de Pékin 2024.

BMW AG

La Chine est devenue le plus grand exportateur de voitures au monde en 2023, notamment grâce à l’avance prise par son industrie en matière de production de véhicules électriques à bas coût. Une montée en puissance qui fait évidemment grincer des dents certains acteurs de l’industrie automobile.

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Comment les voitures électriques chinoises s’emparent du marché et par quels moyens l’Europe veut s’en protéger

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2023 a vu l’émergence de nouveaux constructeurs, principalement venus de Chine. L’empire du Milieu est même devenu le premier exportateur…

La Commission européenne s’est emparée du sujet et a ouvert fin 2023 une enquête antisubventions sur les véhicules électriques en provenance de Chine. Elle pourrait aboutir sur des sanctions économiques à l’encontre des voitures électriques made in China, comme une hausse des droits de douanes.

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Voitures électriques chinoises : l’enquête de l’UE se poursuit avec des visites chez les constructeurs

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Pourtant, plusieurs acteurs de l’industrie automobile européenne sont hostiles à une telle éventualité. Et le fait qu’ils soient de plus en plus nombreux à produire des véhicules électriques dans l’empire du Milieu ne constitue pas leur principal argument.

Un risque de retour de flamme de la part de Pékin

Ainsi, à l’occasion de la présentation des résultats trimestriels du groupe BMW, son CEO Oliver Zipse, cité par Reuters, a déclaré aux journalistes qu'”on peut très vite se tirer une balle dans le pied”. Il a expliqué à des analystes que le fait d’opérer à l’échelle mondiale conférait aux grands constructeurs automobiles un avantage industriel et que “vous pouvez facilement mettre en péril cet avantage en introduisant des droits de douane à l’importation.”

En somme, Oliver Zipse craint la réponse de Pékin, qui avait déjà mis en garde l’Europe contre le fait que des sanctions sur les voitures électriques produites en Chine auraient “un impact négatif sur les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’UE”.

Par ailleurs, si l’industrie automobile chinoise se fait aujourd’hui une place en Europe, certains constructeurs européens sont eux déjà très présents en Chine, devenu premier marché automobile au monde. La Chine a ainsi représenté 32 % des ventes du groupe BMW au premier trimestre 2024, devenant son deuxième marché après l’Europe.

Électrification rapide ou protectionnisme économique, il faut choisir

“Il y a toujours une sorte de rétorsion”, a quant à lui déclaré Thomas Schaefer, CEO de la marque Volkswagen, lors du Future of the Car Summit du Financial Times.

Problème, alors que l’Europe pousse son industrie à s’électrifier au pas de charge et malgré les initiatives visant à renforcer la souveraineté européenne en matière de production de composants de voitures électriques, “il n’y aura pas une seule voiture dans l’UE qui ne contienne pas de composants en provenance de Chine”, estime Oliver Zipse, concluant qu'”il n’y a pas de Green Deal en Europe sans ressources en provenance de Chine”.

Dès l’ouverture de l’enquête antisubventions de la Commission européenne, Ola Källenius, CEO du groupe Mercedes-Benz, avait expliqué au micro de Bloomberg Television que des sanctions économiques appliquées aux voitures électriques produites en Chine constitueraient “un risque pour les constructeurs et les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’industrie automobile”.

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