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Les États-Unis durcissent les normes d'émissions des voitures pour stimuler l'électrique

les états-unis durcissent les normes d'émissions des voitures pour stimuler l'électrique

Des voitures dans les bouchons de l’autoroute de Los Angeles, le 25 janvier 2024.

Le gouvernement américain a annoncé mercredi avoir finalisé de nouvelles normes sur les émissions polluantes des automobiles, les plus strictes jamais adoptées, avec pour but d’accélérer le passage aux voitures électriques.

Par rapport au projet de réglementation annoncé en 2023, qui a depuis fait l’objet d’une consultation publique, ces normes finales donnent toutefois davantage de temps et de flexibilité aux constructeurs pour atteindre les nouveaux objectifs d’émissions de CO2.

En pleine année électorale, le président Joe Biden a besoin du soutien de l’industrie automobile et de ses employés. Mais il doit également convaincre sur ses promesses climatiques. Parmi elles : faire en sorte que la moitié des voitures vendues aux États-Unis en 2030 soient électriques.

« Je suis ravi d’annoncer les normes de pollution les plus strictes pour les véhicules jamais prises dans l’histoire des États-Unis », a déclaré Michael Regan, à la tête de l’agence de protection de l’environnement (EPA). Devant un immense drapeau des États-Unis, pays où la voiture est reine, il a toutefois ajouté : « j’ai toujours aimé les voitures, et je les aimerai toujours. »

Les nouvelles normes concernent les véhicules légers et moyens construits à partir de 2027 et jusqu’en 2032. L’administration ne fixe pas un quota précis de véhicules propres à vendre, mais restreint progressivement les émissions annuelles moyennes autorisées pour les nouveaux véhicules de chaque constructeur, les incitant ainsi à électrifier leur flotte.

Le seuil limite a été assoupli pour les premières années (2027-2030), mais aboutit en 2032 au même niveau que précédemment envisagé. À cette date, les normes d’émissions de CO2 représenteront une réduction d’environ 50% par rapport aux normes pour les voitures de 2026, fait valoir l’EPA.

De nombreuses associations environnementales ont salué les mesures annoncées. Certains experts ont malgré tout accusé le gouvernement d’avoir cédé à la pression des industriels. Les nouvelles normes « requièrent moins de réductions d’émissions dans les premières années » par rapport à la proposition initiale, a regretté le Center for Biological Diversity. « Cela enverra de la pollution carbone dans l’atmosphère plus tôt, et fera davantage de dégâts pour le climat. »

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Première source d’émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis

Les transports sont actuellement la première source d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Les nouvelles normes doivent permettre d’éviter l’émission de 7,2 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2055, selon l’EPA. Cela représente environ quatre fois les émissions du secteur des transports en 2021. La nouvelle réglementation agit également sur les émissions de particules fines, dangereuses pour la santé. Un bénéfice net de 99 milliards de dollars par an est attendu, selon le gouvernement, dont 13 milliards grâce à des économies de santé (hospitalisations évitées…).

L’industrie automobile a bien accueilli l’annonce. John Bozzella, de l’Alliance for Automotive Innovation, a salué l’allongement des délais décidé par l’EPA, faisant valoir les défis rencontrés sur la route de l’électrification, comme la nécessité de développer de nouvelles chaînes de production.

Les adversaires républicains de Joe Biden, eux, l’ont accusé de mener une croisade contre les voitures à essence, forçant « les Américains ordinaires à conformer leur mode de vie » aux élites, selon leur chef au Sénat, Mitch McConnell. L’American Petroleum Institute (API), représentant le secteur pétrolier, a même menacé d’attaquer en justice la nouvelle réglementation. Celle-ci fonctionne comme « une interdiction » conduisant à « éliminer la plupart des nouvelles voitures à essence et hybrides traditionnelles du marché américain en moins d’une décennie », a-t-elle déclaré.

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