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Renault Scénic électrique : son défi ? Faire beaucoup mieux que la Mégane E-Tech

Le nouveau Scénic E-Tech va donner une bonne leçon à sa petite sœur, la Mégane E-Tech, qui était le galop d’essai de Renault en matière d’électrique. Cela grâce à des trucs et astuces en termes de technique et de prix, en améliorant l’autonomie de batterie et l’espace à bord, ou encore en rendant toutes les versions, même haut de gamme, éligibles au bonus écologique.

Vous ne ferez certainement pas d’erreur en achetant le nouveau Scénic. Pourquoi ? Depuis sa révélation au salon automobile de Munich en septembre dernier, le nouvel opus Scénic E-Tech, 5e du nom, ne cesse de faire parler de lui. Jusqu’à décrocher la consécration ultime il y a une semaine, celle de la Voiture de l’année 2024. Mais est-ce suffisant pour que les automobilistes français se ruent dans les concessions à partir du mois d’avril pour l’acheter ? Evidemment, non. Certains estiment qu’un Scénic privé de sièges amovibles, et donc de son rang de monospace essence et diesel, ne mérite pas de reprendre ce nom en tant que crossover (petit SUV) désormais, qui plus est 100% électrique. Rappelons que le modèle s’est vendu à 1,868 million d’exemplaires en France depuis sa commercialisation en 1996 (et à 5,4 millions dans le monde).

Pourtant il fait partie de ces nouveaux modèles qui ont suffisamment de qualités pour vous convaincre, comme l’a été le jury de la Voiture de l’année. Peut-être au préjudice de sa petite sœur, la Mégane E-Tech, galop d’essai de Renault en matière d’électrique, qui a connu des débuts commerciaux difficiles, au point que ses prix ont été baissés en début d’année au début de l’année. Tous deux sont les seuls représentants de la gamme électrique de Renault à ce jour, après la disparition du catalogue des Twingo et Zoé, et en attendant l’arrivée de la R5. On connaît le design du nouveau Scénic E-Tech mais ses impressions de conduite restaient inconnues jusqu’à cette semaine. La marque au losange a organisé les essais les 4,5 et 6 mars pour le tester sur route. Voici le verdict.

renault scénic électrique : son défi ? faire beaucoup mieux que la mégane e-techLe nouveau Renault Scénic E-Tech électrique est totalement réinterprété selon les codes du marché auto actuel. Renault

Le look électrisant du Scénic E-Tech

Du Scénic d’autrefois, il ne reste vraiment que le nom. Parce que si Renault est resté attaché à ce blaze symbolique, le constructeur a totalement réinterprété son modèle phare pour coller aux attentes de la clientèle en 2024, en termes de design, ô combien important dans la décision d’achat. Et quel look ! Sa personnalité électrisante plaira au plus grand nombre, on peut dire qu’il a une belle gueule, avec un style imposant aidé de ses ailes galbées et des ses grandes jantes (19 ou 20 pouces). Sur la face avant, difficile de passer à côté de la calandre en partie striée et frappée de petits losanges de la couleur de la carrosserie. Celle-ci est enveloppée de la nouvelle signature lumineuse de Renault portée par des feux débordant sur les ailes et très géométriques en demi-losange. Idem à l’arrière, le hayon est façonné et reprend la forme de phares graphiques, comme deux flèches, posées bien aux extrémités du véhicule pour signifier sa carrure.

renault scénic électrique : son défi ? faire beaucoup mieux que la mégane e-techAvec son Scénic électrique, Renault vise autant les clients particuliers et que les clients en entreprise. Renault

Il y a ensuite sa taille, qui change radicalement. Ce n’est plus un monospace, ou un petit Espace, mais il rejoint la fameuse catégorie des petits SUV, en se rapprochant du gabarit de la berline Mégane. Sa hauteur est assez basse, à 1,57 m, et il mesure 4,47 m de longueur pour 1,86 m de largeur. Exit, donc, la version à sept places qui a fait sa réputation. Sa modularité intérieure se limite à un astucieux accoudoir arrière où les passagers arrière peuvent recharger tous leurs appareils et une trappe à ski. Le modèle a tout de même le sens de la famille avec un bel espace à bord, plus intéressant que celui de la Mégane, et se veut un bon compagnon de voyage, avec un coffre de 545 litres, là encore bien plus volumineux que celui de sa petite sœur (440 litres). Sans oublier une bonne dose de lumière avec la présence du toit vitré panoramique à cristaux liquides Solarbay, qui s’opacifie à la demande.

renault scénic électrique : son défi ? faire beaucoup mieux que la mégane e-techLe coffre de 545 litres du nouveau Scénic électrique est bien plus volumineux que celui de la Mégane électrique (440 litres). Renault À lire aussi Renault : à quoi ressemble le nouveau Scénic électrique, dévoilé à l’IAA 2023

Les passagers seront conquis par son habitabilité avec un bon espace aux jambes, et le conducteur aura droit à une position de conduite excellente. Ceux qui ont déjà roulé avec la Mégane E-Tech seront peu dépaysés, l’univers du conducteur du Scénic E-Tech étant très proche de celui de la petite sœur, avec notamment le double écran en L (un écran horizontal pour le tableau de bord et un autre, vertical, pour le multimédia nourri par Google Automotive). Les commandes physiques sont suffisamment présentes pour contrôler certaines fonctions. On appréciera ainsi par exemple le Safety Shield, un petit bouton sur la gauche de la planche de bord, qui permet d’actionner la totalité des réglages de sécurité préalablement personnalisés via l’écran central, un raccourci appréciable aussi pour supprimer l’ensemble des bruits d’alerte, parfois insupportables, émis par les aides à la conduite. Efficace. Autre aspect agréable, Renault a proscrit le cuir, même dans les versions haut de gamme, privilégiant des tissus et matériaux recyclables et/ou recyclés.

renault scénic électrique : son défi ? faire beaucoup mieux que la mégane e-techLe nouveau Scénic électrique de Renault reprend tout le multimédia de sa petite soeur, la Mégane E-Tech. Renault

Le Renault Scénic électrique, convaincant sur la route ?

Moyenne sur la Mégane E-Tech, la position de conduite est forcément un peu plus surélevée et la visibilité est meilleure au volant du Scénic électrique. Le crossover se démarque également de la berline dans son comportement routier. Il n’y a pas vraiment de fausses notes puisque le Scénic se mène agréablement, autant en ville que sur les grandes routes, grâce à un compromis rondement équilibré entre confort et plaisir de conduite, sans dire pour autant qu’il manque de caractère. Maniable, agile malgré ses 1 842 kg, avec une direction précise et un angle de braquage de moins de 11 mètres, d’énormes progrès en matière de motricité sont apportés par rapport à la petite sœur. Son confort est remarquable, les suspensions préservent les vertèbres de tous les passagers en absorbant au mieux les irrégularités de la route.

Il y a quatre positions de freinage régénératif, à sélectionner avec des palettes au volant. On peut ainsi simuler la descente de rapports, et récupérer de l’énergie pour améliorer l’autonomie globale. Et plusieurs simulations de freinage d’urgence confirment la stabilité de cette familiale.

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Bonne autonomie, bon prix

Et en ce qui concerne l’autonomie et le prix, les deux principaux freins à l’achat d’un véhicule électrique en France de nos jours, Renault frappe fort, en corrigeant l’essentiel. Si la Mégane propose une autonomie de 450 km au maximum, le Scénic électrique fait beaucoup mieux. Il propose deux capacités de batterie, 60 kWh en entrée de gamme pour une autonomie annoncée à 430 km, et 87 kWh, qui étend son rayon d’action à 625 km. Avec cette dernière proposition, nos deux parcours routiers mixtes démontrent une consommation très correcte. Sur un premier trajet de 200 km en partant à 100% de batterie (625 km d’autonomie), nous avons consommé 18,3 kWh/100 km, pour 293 km d’autonomie estimés restants (56% de la batterie à l’arrivée) et sur l’autre, de 120 km, la consommation a atteint 18,6 kWh/100 km, pour 73% de batterie et 405 km encore disponibles. Assez rassurant pour le conducteur.

Pour quels tarifs ? Renault se montre des plus astucieux et court-circuite la Mégane, dont les prix démarrent à 34 000 euros. Fabriqué en France, dans l’usine de Douai, le Scénic électrique sera commercialisé à partir de 39 990 euros, ou 300 euros par mois en contrat de location, un prix moins élevé qu’escompté, son meilleur ennemi, le Peugeot e-3008 débutant à près de 45 000 euros. Et tous les modèles du Scénic électrique, même le haut de gamme, sont éligibles au nouveau bonus écologique de 4 000 euros.

Le Scénic électrique pourrait bien faire craquer la France. Ivan Segal, le directeur du commerce chez Renault, assure que le véhicule a le potentiel de réaliser plus de volumes de ventes que la Mégane électrique : «la Mégane et le Scénic visent un type de clientèle différent, la première restant pour les particuliers le deuxième véhicule du foyer (un couple avec un enfant) alors que le Scenic pourrait plaire à des familles avec deux ados et être le premier véhicule du foyer, notamment en tant que véhicule de fonction fourni par des entreprises. Les clients en entreprise vont basculer en électrique avec ce modèle, c’est certain».

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